Daté de 1905, cet immeuble témoigne de l’éclectisme architectural de cette époque, marquée par le développement de l’Art nouveau tout autant que par l’intérêt pour les formes et les couleurs de l’Orient. Appelée « maison égyptienne » en raison du décor qui orne sa façade, elle a été réalisée par Franz Scheyder (1876-1949), un architecte alsacien autodidacte, amateur d’insolite. Le décor peint par Adolf Zilly représente deux personnages égyptiens, des fleurs de lotus, des papyrus, des oiseaux et des motifs géométriques. Des silhouettes de chauves-souris ornent les garde-corps des balcons.
jeudi 11 novembre 2021
Le palais universitaire constitue l’édifice majeur de la nouvelle université impériale. Sur le plan d’ensemble esquissé par Hermann Eggert, les instituts de chaque discipline sont implantés autour d’un jardin où domine le Palais universitaire. Le palais est construit par Otto Warth en 1884. Il est organisé autour d’une vaste aula centrale, autour de laquelle sont distribuées les salles d’enseignement. Son style et ses décors, tant intérieurs qu’extérieurs, sont inspirés de la Renaissance italienne et font référence au savoir, mais aussi au prestige de l’Allemagne.
Commandé en 1888 par la Société des Chanteurs strasbourgeois et réalisé par les architectes Joseph Muller et Richard Kuder, le « Sängerhaus » est resté pendant plusieurs décennies la principale salle de concert de la ville. Le Palais des Fêtes associe des éléments néo-Renaissance (pignons à volutes), néo-gothique (tour d’angle) à un décor « Jugendstil ». Il abrite un orgue remarquable de 1909. C’est un des premiers édifices strasbourgeois construit en béton armé, selon le procédé Hennebique. L’extension réalisée dans les années 1920, dite bâtiment de la Marseillaise, accueille le Centre chorégraphique de Strasbourg.
Le palais de justice est élevé par l’architecte Skjold Neckelmann en 1897. Il remplace celui situé rue de la Nuée-Bleue. Son architecture, inspirée de l’Antiquité, dont la symbolique est universelle et intemporelle, marque l’indépendance de la justice vis-à-vis des autres pouvoirs. Les influences néo-grecques s’expriment en façade par des colonnes ioniques et un fronton triangulaire qui présente une allégorie de la justice. L’intérieur du palais cache un décor inspiré de l’Egypte. Entre 2012 et 2017, le palais a fait l’objet de travaux de restauration et de modernisation pour l’adapter au fonctionnement de la justice.
Ancienne place impériale, la place de la République est la pièce maîtresse de l’urbanisme du nouveau Strasbourg. Elle accueille les édifices du pouvoir politique et administratif. Lieu de prestige, elle est la vitrine de l’Empire allemand. Aménagée à partir de 1880, elle est bordée par des bâtiments monumentaux : le palais du Rhin achevé en 1888 - ancien palais impérial -, le Théâtre national de Strasbourg édifié entre 1888 et 1892 - ancien Parlement -,la Bibliothèque nationale universitaire élevée entre 1889 et 1895, la Trésorerie et la Préfecture - anciens ministères du « Reichland » - bâties entre 1907 et 1911. Les Ginkgos biloba offerts par l’empereur du Japon au Kaiser Guillaume II sont plantés à la fin du XIX° siècle.
Initialement palais de l’empereur, le Palais du Rhin est le premier édifice à avoir été construit sur la place en 1889. Il est l’œuvre d’Hermann Eggert (1844-1920). L’architecture et le décor de style néo-Renaissance mettent en exergue la grandeur de l’empire : aigle, casques guerriers, armoiries impériales, blasons des villes allemandes, allégories des richesses économiques de l’Alsace et de la Lorraine s’épanouissant sous l’égide du pouvoir impérial. Depuis 1920, le Palais du Rhin accueille le siège de la Commission centrale pour la navigation du Rhin, la plus ancienne organisation internationale en activité dans le monde, fondée dès 1815. La direction régionale des Affaires culturelles y est également installée.
Située sur un site romain, l’église est bâtie à l’emplacement d’une chapelle consacrée à Marie-Madeleine au XII° siècle. L’église est reconstruite entre 1381 et 1387 et dédiée à Saint-Nicolas, protecteur des bateaux. L’église Saint-Nicolas héberge à l’automne 1538 les premières prédications strasbourgeoises de Jean Calvin. Au fil du temps, le chœur et la nef latérale nord sont édifiés par le maître Diebold Mosung en 1454, puis la tour actuelle en 1585. Quant aux tribunes intérieures, elles sont aménagées au XVII° siècle. Le chœur est reconstruit en 1905 par l’architecte Emile Salomon. Avant son départ pour Lambaréné au Gabon, le docteur et futur prix Nobel Albert Schweitzer y fut pasteur.
Le quartier Sainte-Madeleine est intégré à la ville au XIV° siècle. Un couvent est construit de 1478 à 1482 sur ce site grâce à la générosité des Strasbourgeois ; il accueille des prostituées repenties puis des jeunes filles patriciennes. En 1904, la majeure partie du couvent et de ses jardins sont détruits par un incendie. Reconstruite en 1912, l’église a toutefois conservé son chœur gothique présentant une peinture murale du XV° siècle. En face de l’église, le « grenier à grains », construit au XVII° siècle, était destiné au stockage. L’école, bâtie en 1867, est l’œuvre de l’architecte municipal Jean-Geoffroy Conrath ; ses larges baies font entrer la lumière dans les salles de classe.
Bâtiment emblématique du quartier de la Krutenau, la manufacture des Tabacs est édifiée en 1852 par Jean-André et Adolphe Weyer. Prototype pour les 18 autres manufactures françaises du modèle dit « Eugène Rolland », elle témoigne de l’importance de la culture du tabac en Alsace (9000 planteurs en 1912). Lieu d’une organisation pionnière de la fabrication associant savoir-faire manuel et dispositifs techniques intégrés – ateliers de torréfaction et de râpage – elle employait une main d’œuvre nombreuse, essentiellement féminine, souvent sur plusieurs générations. Après la fermeture définitive en 2010, les 20.000 m² de surface bâtie de l’ancienne manufacture accueillent de nouvelles activités centrées sur la jeunesse, les arts, les sciences et l’expérimentation.
L’hôpital civil est une ville dans la ville, avec ses nombreux bâtiments répartis sur plus de 23 hectares. Implanté sur ce site depuis 1398, l’hôpital conserve plusieurs bâtiments de la Renaissance, comme la pharmacie. En 1725, un nouveau bâtiment principal est construit. Il se distingue par son immense toiture renfermant trois étages de greniers. A la fin du XIX° siècle, l’hôpital s’agrandit encore avec plusieurs bâtiments construits pendant la période allemande : entre 1881 et 1914, plus d’une dizaine de cliniques et services sont mis en place. Quant au nouvel hôpital civil, il est conçu par Claude Vasconi et inauguré en 2008. Depuis, le site s’ouvre davantage sur la ville en intégrant de nouvelles fonctions.
mercredi 10 novembre 2021
Les Récollets-franciscains sont présents à la Citadelle depuis 1685. Le couvent est édifié entre 1746 et 1749 par les architectes Gaspard-Théodore Rabaliatti (1709-1766) et Charles Hiski. L’église occupait l’essentiel de la rue des Récollets. La façade était orientée en direction de la rue du Parchemin. Le cloître s’y adossait directement. Désaffectée à la Révolution, elle abrite ensuite des magasins militaires d’habillement. Elle est démolie en 1904. Les bâtiments conventuels sont disposés autour d’un petit cloître bordé d’arcades en plein cintre.
La construction de ces grands magasins s’inscrit dans le projet de modernisation du centre-ville engagé avec le percement de la rue du 22 Novembre. A l’angle avec la place Kléber, la ville projette un grand magasin, à l’instar de ceux existants dans les grandes villes européennes. Il est réalisé en 1914 par les architectes Jules Berninger (1856-1926) et Gustave Krafft (1861-1927). D’abord connu sous l’enseigne Kaufhaus Modern, il prend ensuite les noms de Magmod, Kaufhaus Union, Nouvelles Galeries et Galeries Lafayette. Ses façades de style néo-classique présentent quatre statues qui illustrent les quatre saisons. A l’intérieur, on peut encore admirer le grand escalier à rampe de cuivre, des vitraux et des plafonds sculptés.
Zum Strissel (A l’Autruche) est le plus ancien restaurant de Strasbourg : c’est une maison de bouche sans interruption depuis au moins 1320. La maison médiévale originelle est détruite dans la nuit du 14 octobre 1564, elle est reconstruite un an plus tard. Ce lieu est également connu sous l’appellation de Poêle des débitants comme en témoigne le remarquable coffre des corporations Renaissance qui orne la salle du premier étage. A l’entrée, le chapiteau sculpté de têtes de béliers évoque l’appellation d’origine « Zum Widderer » (Au Bélier). Depuis le XVII° siècle, la maison porte le nom de l’autruche visible sur l’enseigne.
Edifié au nord de la place Broglie, l’ancien théâtre impérial municipal – actuel opéra – est érigé en 1821 sur les plans de l’architecte Jean Villot. Cet édifice néo-classique présente un portique à six colonnes surmonté de muses, personnages mythologiques évoquant les arts. Le décor sculpté est réalisé par Landolin Ohrmacht. La grande salle, à l’italienne, conserve un riche décor sur le thème du théâtre et de la musique. A Strasbourg, l’Opéra national du Rhin s’est imposé comme une institution incontournable de la vie lyrique, produisant grand répertoire et création contemporaine.
L’église des Dominicains, de style gothique, est édifiée à cet emplacement entre 1254 et 1260. Elle est dévolue au culte protestant au XVI° siècle. Son chœur est désaffecté pour accueillir la Bibliothèque municipale dont le fameux « Hortus Deliciarum », la bibliothèque universitaire, le fonds Daniel Schoepflin et l’embryon du musée municipal avec la marmite des Zurichois de 1576 et le bonnet phrygien qui ornait la flèche de la cathédrale de 1794 à 1802. L’église actuelle est érigée entre 1874 et 1877 par l’architecte Emile Salomon (1833-1913), dans le style néo-roman. Elle abrite la pierre tombale du dominicain Jean Tauler, grande figure de la mystique rhénane au XIX° siècle.
Source : totem patrimonial sur site
L’église Saint-Thomas est bâtie entre le XIII° siècle et le XVI° siècle. Cette église en grès rose est un bel exemple d’église-halle à cinq nefs établies sur le même plan. Saint-Thomas est considérée comme la « cathédrale luthérienne ». Le culte protestant y est célébré depuis 1524. Le réformateur et humaniste Martin Bucer en devient pasteur en 1531. L’église renferme de nombreux monuments funéraires dont le mausolée du maréchal de Saxe réalisé par Jean-Baptiste Pigalle, et un orgue Silbermann sur lequel joua Mozart lors de son passage à Strasbourg en octobre 1778.
Source : totem patrimonial sur site
La tradition situe la première cathédrale de Strasbourg à cet emplacement. Elle est édifiée au milieu du IV° siècle par Saint-Amand. Erigée à la fin du XIV° siècle, l’église est affectée aux chanoines de Hanau-Rhinau. Passée à la Réforme en 1529, elle est victime du premier iconoclasme protestant. En 1683, un décret royal restitue le chœur à la tradition catholique. L’augmentation du nombre des catholiques justifie la construction d’une nouvelle église à la perpendiculaire de la première. Elle est consacrée en 1871. Au début du XX° siècle, l’aménagement de la Grande Percée conduit à la suppression de deux travées de la nef et du portail qui est reconstruit entre 1919 et 1923.
Cette église forme un ensemble médiéval unique à Strasbourg. Le clocher occidental roman, élément le plus ancien de l’église, précède la construction du chœur vers 1290, puis de la nef, achevée en 1320. Le jubé gothique est élevé au XIV° siècle. Il est surmonté d’un orgue Silbermann (1780). Le cloître est pour l’essentiel de facture romane. Il abrite environ 80 pierres tombales, principalement datées du XIV° au XVI° siècle. L’église devient protestante en 1524, grâce à la prédication de Wolfgang Capiton. Elle est restaurée entre 1897 et 1901 par l’architecte allemand Carl Schäfer, comme en témoigne le portail néo-gothique. Entre 1682 et 1893, le chœur est dévolu aux catholiques.
Construite hors les murs de la ville en 1307, l’église dépend à l’origine du couvent des Guillemites. Bâtie en briques et non voutée, son allure simple correspond à l’idéal de cet ordre monastique. Elle devient rapidement l’église de la nouvelle corporation des bateliers et des pêcheurs, d’où l’ancre surmontant le clocher. Le culte protestant y est instauré en 1534. L’église conserve des vitraux médiévaux, un jubé de pierre de 1485, une chaire de 1656 et surtout les tombeaux richement décorés des comtes de Werd (1344), à l’arrière du chœur. Le clocher, construit en 1667, à la particularité d’être trapézoïdal : il suit le tracé de la façade, lui-même oblique par rapport à la nef, ce qui donne à l’ensemble un curieux air penché.
A partir de 1910, la municipalité entreprend la réalisation de la Grande Percée. Cette nouvelle voie dessinée à travers les ruelles tortueuses du centre historique est destinée à relier la gare aux installations du nouveau port d’Austerlitz. Cette opération devait également assainir le centre ancien insalubre. La rue du 22 Novembre correspond au premier tronçon de ce projet imaginé par l’architecte municipal Fritz Beblo (1872-1947). Il se poursuit jusqu’au terme des années 1950. La création de cette large artère modernise le centre-ville par la construction de grands magasins, d’hôtels et de nouveaux logements, vastes et lumineux. Cette rue sinueuse présente une homogénéité urbaine et une variété de styles architecturaux.
Source : totem patrimonial sur site
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